L'église

Église Saint Remi de Montbré
 

Les parties romanes de l’église : Chevet à pans coupés, tour carré à baies géminées s’élevant au dessus de la croisée du transept.Nef basilicale à quatre grands arcs en plein cintre portant sur des piles carrées. la nef et les bas-côtés sont plafonnés. Dans le chœur les chapiteaux sont sculptés de motifs végétaux. Dans les quatre angles du bas sud du transept on remarque des consoles ornées d’atlantes. Le porche occidental rustique est peut-être de construction tardive. Les parties romanes sont du milieu du XII e siècle.

d’après le livre de Hubert COLLIN : Les églises rurales romanes du pays de Reims et des Ardennes.

                               

RETABLE ÉGLISE SAINT REMI MONTBRE

Le retable, « panneau peint ou sculpté, posé verticalement sur l’arrière de la table d’autel », est soit en bois, soit en pierre. Selon son étymologie, ‘retable’ viendrait de ‘retro’ (en arrière) et de ‘tabula’ (table). Si l’origine de cet élément de l’architecture des églises remonte loin (XIe – XIIIe siècle pour les premiers retables en pierre sculptée), il faut attendre les XVe – XVIe siècles pour voir de nombreux retables meubler nos petites églises champenoises, qu’ils soient en bois peints (Fromentières) ou en pierre sculptée (Baslieux-lès-Fismes, Perthes-lès-Hurlus ou Chamery). De plus, leur facture est plus ou moins délicate : dans les traits des personnages, ou dans l’ornementation.

Celui de Montbré est en pierre dure, sa longueur est de 1m57, et sa hauteur de 1m07. Daté du commencement du XVIe, sa restauration en 2000 a permis de retrouver en dessous d’un badigeon blanc la polychromie originale (avec présence de l’ocre, du vert, du rouge ou du bleu). De plus, il est classé comme « objet » au titre des monuments historiques le 2 mai 1907.

Parmi les 30 personnages, dont « les figures sont admirables de fini et d’expression », une douzaine mesurent près de 30cm de haut. « Les vêtements sont bien drapés, et offrent un grand intérêt pour l’étude du costume à cette époque », selon l’abbé Alfred CHEVALLIER.

A la base, le retable repose sur une sorte d’embase ornée au milieu par les armes de France (blason avec 3 fleurs de lys), soutenu par deux anges ailes déployées. Vient ensuite le corps même du retable, divisé en 5 compartiments. Chacune de ces cases est elle-même séparée des autres par des colonnes à chapiteaux, et représente différentes scènes.

Au milieu, la crucifixion : au pied de la croix, la Vierge Marie, abîmée de douleur, Saint Jean et Sainte Marie Madeleine, entourant la base de la croix avec ses bras. A droite, Saint Jacques (avec bourdon dans la main, et panetière sur le côté), et Saint André (reconnaissable à la croix à laquelle il a donné son nom). A l’extrême droite, une « sainte femme (*) portant un vase de parfum » (selon l’abbé CHEVALLIER), et à ses côtés Sainte Barbe (avec sa tour, tenant un livre et la palme du martyre dans ses mains). A gauche, « Saint Pierre tenant en main les clefs du royaume des cieux, marque de la suprême autorité », et Saint Jean-Baptiste « montrant aux hommes l’agneau pascal qu’il porte sur le bras gauche ». A l’extrême gauche, scène de la ‘décollation’ (= décapitation) de Saint Jean-Baptiste, à genoux près de la porte de la prison, tandis que le bourreau brandit à deux mains une épée.

Au-dessus de ces cinq cartouches, nous trouvons aussi 10 statuettes (d’environ 15cm de haut), « d’une grande variété et richesse de costumes ».

De gauche à droite, nous trouvons le prophète Isaïe, portant un listel.

– le roi David, s’appuyant sur sa harpe.- Moïse, tenant en mains les tables de la loi.

– Aaron, portant une branche fleurie. – l’ange Gabriel, tenant une branche de lys, saluant Marie placée en face de lui à droite de la crucifixion.- 4 autres personnages difficiles à identifier (2 semblent être des religieux ou des ecclésiastiques ?).

Au-dessus de la crucifixion, nous voyons le baptême du Christ.

(*) Qui est cette « sainte femme » ? Sainte Marie Madeleine (avec un flacon d’aromates pour embaumer le corps du Christ dans le tombeau), ou la femme pécheresse (qui parfuma les pieds de Jésus avant de les essuyer avec ses cheveux).

Nota : tous les mots en gras sont des citations de l’abbé A. CHEVALLIER.

Description faite d’après l’opuscule « Le retable de Montbré » par l’abbé Alfred CHEVALLIER  (1845-1910), curé de Montbré  membre de la Société Française d’Archéologie et de l’Académie de Reims. Almanach Matot-Braine – 1896

« Puissent ces quelques lignes inspirer le respect des petits monuments, autant de chef-d’œuvre dans leur genre ». (Abbé Alfred CHEVALLIER)